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Comment préparer un shooting photo culinaire pour votre établissement ?

Choix des plats, fraîcheur, stylisme, présence en cuisine : comment bien préparer un shooting photo culinaire pour votre restaurant ou commerce de bouche.

Vincent Chambon

Vincent Chambon

Reportage en cave d'affinage pour un commerce de bouche

Combien de fois avez-vous décidé d’aller, ou de ne pas aller, dans un restaurant simplement en regardant ses photos sur Instagram ou sur Google ? La photographie culinaire est l’un des exercices les plus exigeants du métier : il faut donner envie, faire deviner le goût, la texture, la fraîcheur d’un plat, à travers une simple image fixe.

Pour que le résultat soit à la hauteur de votre cuisine, la réussite d’un shooting culinaire se joue en grande partie avant même que l’appareil photo ne sorte de son sac. J’accompagne régulièrement des restaurateurs et commerçants de bouche dans cette préparation. Voici comment s’y prendre.

Tout commence par une discussion en amont

Chaque plat appelle une lumière différente : un dessert délicat ne se met pas en valeur avec la même ambiance qu’un plat mijoté et généreux. C’est souvent au photographe de proposer une direction selon ce qui va être photographié, une lumière douce et claire pour révéler la finesse d’une pâtisserie, une lumière plus contrastée et chaude pour donner du corps à un plat en sauce.

Le moodboard reste un outil très pratique pour partir sur la même longueur d’onde : il permet d’échanger des références, de visualiser ensemble l’ambiance recherchée, et de poser une direction claire avant le jour J. N’hésitez pas à partager les couleurs de votre identité visuelle, l’ambiance que vous souhaitez transmettre, ou des exemples de photos qui vous parlent : plus le photographe a d’éléments en amont, plus les propositions de lumière et de mise en scène seront ajustées à votre univers.

Choisir les plats avec soin

Les raisons de programmer un shooting culinaire sont nombreuses : des photos de votre site qui commencent à dater, une nouvelle carte saisonnière à mettre en valeur, une ouverture, une nouvelle décoration ou simplement l’envie de redonner un coup de frais à votre communication. Selon l’occasion, les plats à privilégier ne sont pas les mêmes : vos incontournables pour rafraîchir un site vieillissant, vos nouveautés si la carte vient de changer.

Il n’est ni nécessaire ni souhaitable de photographier l’intégralité de votre carte. Mieux vaut sélectionner, avec votre chef, les plats qui ont le plus de potentiel visuel : du volume, du relief, des couleurs contrastées, des textures qui se voient. Un plat très plat dans l’assiette, même délicieux, donnera souvent un résultat plus terne en photo.

Cette sélection se fait en amont, avec le chef et l’équipe en cuisine, pour que chacun sache ce qui sera photographié et puisse y apporter une attention particulière au moment du dressage.

Choisir un créneau calme, plutôt qu’en plein service

Un shooting en plein service peut vite devenir compliqué : les clients sont gênés de voir leur plat photographié avant de l’avoir à table, et le matériel du photographe prend de la place dans un espace déjà sous tension. Mieux vaut privilégier un moment calme, entre le service du midi et celui du soir, ou en matinée avant l’ouverture.

Le temps à prévoir dépend aussi du style recherché : des photos épurées sur un fond neutre s’enchaînent rapidement, alors qu’une mise en scène plus élaborée, avec des ingrédients en accompagnement, demande davantage de temps par plat. Mieux vaut en discuter à l’avance pour bloquer le bon créneau et ne pas envoyer tous les plats en même temps.

La fraîcheur, l’ingrédient invisible mais essentiel

Un plat évolue très vite après son dressage : une sauce qui s’étale, une glace qui commence à fondre, une texture croustillante qui retombe. Pour conserver toute la gourmandise et la beauté d’un plat à l’image, il faut réduire au maximum le délai entre la sortie de cuisine et la prise de vue.

C’est là que travailler directement dans votre établissement change vraiment la donne : la cuisine est à quelques mètres, le plat arrive frais, sans transport ni attente. Certains plats demandent une attention particulière : les glaces et sorbets sortent au tout dernier moment, les fritures sont dressées juste avant le déclenchement, et certaines mousses ou émulsions ont besoin d’être légèrement stabilisées pour tenir le temps de la prise de vue.

Stylisme et composition : raconter une histoire en une image

Une photo culinaire réussie ne se limite pas à un plat net et bien éclairé : elle raconte quelque chose. Les formes géométriques, une composition minimaliste, un espace laissé volontairement vide autour de l’assiette pour la laisser respirer : ce sont des choix qui donnent du caractère à l’image plutôt qu’un simple inventaire visuel.

Une main qui verse une sauce, qui tient une cuillère ou qui dépose un dernier ingrédient apporte aussi beaucoup de vie à une photo qui, sinon, resterait figée. Ce geste suggère le mouvement, le moment précis où le plat est prêt à être dégusté, et donne une dimension presque cinématographique à l’image.

Le choix des couleurs fait aussi partie du stylisme : une association de teintes complémentaires donne un résultat dynamique et vivant, tandis qu’une palette plus monochrome mise tout sur les contrastes de lumière et les textures. Les deux fonctionnent très bien, à condition d’être choisis en cohérence avec l’identité de votre établissement.

Votre présence le jour J fait toute la différence

Un shooting culinaire est un vrai travail d’équipe. Vous et votre équipe connaissez vos plats mieux que personne : un dressage légèrement décalé, une sauce qui manque de brillance, un détail qui semble évident une fois en cuisine mais qui passe facilement inaperçu pour un œil extérieur. Votre présence pendant la prise de vue permet de valider chaque image en direct et d’ajuster ce qui doit l’être avant de passer au plat suivant.

Pensez aussi à prévoir des assiettes et des couverts impeccables : la lumière révèle la moindre trace de doigt ou de sauce mal essuyée, des détails qu’on ne remarque pas toujours à l’œil nu en plein service.

Le stylisme : un travail commun entre vous et le photographe

Le stylisme d’une photo culinaire, c’est-à-dire le choix du fond, de la surface et des accessoires qui entourent l’assiette, se construit généralement à deux. Le photographe arrive avec son propre matériel de base : plusieurs fonds neutres et quelques accessoires courants suffisent souvent à composer une scène simple et efficace.

Si vous avez déjà une vaisselle, des sets de table, des planches ou des éléments qui font partie de votre identité, c’est tout à fait possible, et même recommandé, de les utiliser : cela renforce la cohérence avec votre établissement. À l’inverse, si le stylisme envisagé demande d’acheter des accessoires spécifiques pour cette séance précise, ce n’est pas inclus par défaut : ce type de prestation supplémentaire se prévoit et se chiffre en amont, comme n’importe quel autre élément du devis.

La photo culinaire n’est d’ailleurs qu’une facette de la communication visuelle d’un commerce : si vous réfléchissez plus largement à vos images, je détaille dans cet article tout ce qu’un photographe professionnel peut apporter à votre établissement. Vous préparez l’ouverture d’un établissement, une nouvelle carte, ou souhaitez simplement mettre à jour vos visuels ? Contactez-moi pour en discuter, ou découvrez mes prestations professionnelles.